mardi 18 février 2014

Heimat 2 - L'exode


Titre  Heimat (partie 2)
Réalisateur  Edgar REITZ
Durée  2h08


Synopsis
Voir Heimat 1

Avis
Nous avions laissé, à la fin de Heimat 1, Jakob en prison pour s'être élevé contre les injustices du prince.
Il en sortira, mais pour trouver Jettchen mariée à son frère. Ses rêves d'Amérique s'éloignent quand ce dernier annonce sa décision de partir, forçant Jakob à rester pour s'occuper de ses parents vieillissants. 
Un hiver terrible suit. Les enfants meurent de la diphtérie et la terre est si profondément gelée que l'on ne peut même pas les enterrer. Les familles qui le peuvent et qui ont le courage de quitter pour toujours leur "heimat" partent au Brésil. Quelques mois après, les nouvelles arrivent, rassurantes, mais la vie est-elle vraiment facile là-bas, ou ces lettres ne se forcent-elles pas à donner le change?
Le premier épisode avait commencé dans une certaine insouciance, le second est marqué par la mort, l'exode, le doute.
Les images sont toujours aussi belles et la caméra soutient à merveille le récit.
Werner Herzog fait une brève apparition dans le rôle du géographe Alexander von Humboldt.


De Blanche-Neige à Apple


Quel rapport entre ce dessin animé de Walt Disney et la firme de Paolo Alto? La pomme bien sûr, mais via Ian Turing.
Ce génial mathématicien anglais a, pendant la seconde guerre mondiale, décrypté le code des messages secrets allemands générés par la machine ENIGMA. Il a, à ce titre, fortement contribué à la victoire des forces alliées contre le nazisme. Il est aussi connu pour avoir développé les théories mathématiques à la base du fonctionnement des ordinateurs modernes.
Après la guerre il a été poursuivi et emprisonné pour homosexualité. A sa sortie de prison, rendu dépressif par cette incarcération, il décide de se suicider. Fervent admirateur du film Blanche-Neige et les 7 nains, qu'il a vu six fois, il enduit une pomme de cyanure et y croque, provoquant sa mort.
Ce serait pour lui rendre hommage, que le designer du logo d'Apple, Rob Janoff, aurait choisi ce dessin. Ce qui a toujours été démenti par Apple.
Le premier logo d'Apple était une pomme rayée des couleurs du mouvement LGBT (lesbiangay, bisexual, and transgender), et certains disent même que la pomme que Ian Turing avait choisie était de type Macintosh, mais là c'est sans doute une légende...





lundi 27 janvier 2014

Le vent de lève

Titre  Le vent se lève
Réalisateur  Hayao MIYAZAKI
Durée  2h06





Synopsis
Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde. Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Avis
Le vent se lève ou en reprenant le vers complet de Paul Valéry dans le Cimetière Marin"Le vent se lève, il faut tenter de vivre" est un film d'animation pour adulte, sombre.
La réalisation du rêve d'ingénieur du héros - concevoir et construire au Japon des avions aussi beaux et d'une technologie aussi sophistiquée que les avions allemands  - ne s'accomplira qu'au sacrifice de son amour et de sa contribution à la guerre. 
Si le film s'arrête avant son déclenchement, incendies et tremblement de terres annoncent les catastrophes à venir. On pense à Hiroshima et à Fukushima. L'animation est toujours aussi superbe avec le vent omniprésent, même si se film est moins poétique que ses précédents.

 

Heimat 1 - Chronique d'un rêve

Titre  Heimat (partie 1)
Réalisateur  Edgar REITZ
Durée  1h47



Synopsis
1842-1844, L’histoire de la famille Simon. Johann le père forgeron, Margret la mère, Lena la fille ainée, Gustav et Jakob les fils, Jettchen et Florinchen leurs futures épouses. Les coups du destin risquent de détruire cette famille mais c’est une histoire de courage et de foi en l’avenir.
Des dizaines de milliers d’Allemands, accablés par les famines, la pauvreté et l’arbitraire des gouvernants, émigrent en Amérique du Sud. "Un sort meilleur que la mort, ça peut se trouver partout". Jakob Simon le cadet, lit tous les livres qu’il peut se procurer, il étudie les langues des Indiens d’Amazonie. Il rêve d’un monde meilleur, d’aventure, de dépaysement et de liberté. Il décide d’émigrer. Le retour de son frère Gustav du service militaire dans l’armée prussienne déclenche une série d’évènements qui met à rude épreuve l’amour de Jakob et bouleverse son existence.

Avis
Le seul regret au bout de la projection de ce film, c'est de ne pas pouvoir voir (trop de monde...) Heimat 2.
Cette histoire, tournée au rythme lent de la vie de l'époque, est prenante. En particulier la dureté de la vie en contraste avec les rêves d'envol et d'Amérique du héros. La caméra suit parfaitement le mouvement du récit et de ses personnages. Elle peut être immobile, se figer sur un visage, suivre un personnage à la lueur d'une bougie, se placer au-dessus de lui ou à ses pieds, tourner autour de lui ou encore survoler les blés. Très belles images en noir et blanc avec par moments de rares touches de couleur : un fer à cheval rougi dans la forge, le bleu délavé d'un mur animé à la lueur de la chandelle, une fine tranche translucide de pierre qui fait apparaître ses marbrures à la lumière du soleil, une pièce d'or qui brille dans une main.
La reconstitution du village est étonnante. On peut voir sur youtube la transformation étonnante du village de Gehlweiler où a été tourné le film:
http://www.youtube.com/watch?v=4YrwO4pwxdk‎ et 
http://www.youtube.com/watch?v=yrErv039Kk0

jeudi 16 janvier 2014

La Danza de la Realidad

Titre  La Danza de la Realidad
Réalisateur Alejandro JODOROWSKY
Durée 2h10




Synopsis

"M'étant séparé de mon moi illusoire, j'ai cherché désespérément un sentier et un sens pour la vie." Cette phrase définit parfaitement le projet biographique d'Alexandro Jodorowsky : restituer l'incroyable aventure et quête que fut sa vie.
Le film est un exercice d’autobiographie imaginaire. Né au Chili en 1929, dans la petite ville de Tocopilla, où le film a été tourné, Alejandro Jodorowsky fut confronté à une éducation très dure et violente, au sein d’une famille déracinée. Bien que les faits et les personnages soient réels, la fiction dépasse la réalité dans un univers poétique où le réalisateur réinvente sa famille et notamment le parcours de son père jusqu’à la rédemption, réconciliation d’un homme et de son enfance.



Avis

Peut-on partager ses rêves et ses souvenirs ? Nos rêves sont souvent étranges à nous-mêmes et nous avons du mal à les interpréter. Que dire des rêves des autres et plus particulièrement dans ceux que nous propose Alejandro Jodorowsky ? Si l’on comprend les grandes lignes du récit de son enfance, centré sur le parcours de son père, plus que le sien propre ou celui de sa mère, si l’on est souvent ému et toujours sensible à la beauté et à la richesse de cet univers imaginaire et onirique, on reste cependant souvent interrogatifs à la signification de nombreuses scènes. Ne restent alors que la beauté plastique des images pour apprécier ce film.

dimanche 12 janvier 2014

Les 100 ans du cinéma l'Odyssée





Le cinéma l'Odyssée, dont la photo de la grande salle tient lieu de photo d’accueil pour ce blog, a fêté le 3 janvier de cette année son centième anniversaire. C'est le plus ancien cinéma de Strasbourg, l'un des plus vieux de France et donc du monde. A cette occasion , le film L'étudiant de Prague, réalisé en 1913, et projeté pour l'inauguration il y a un siècle, était à l'affiche.

Ce cinéma a été inauguré le 3 janvier 1914 sous le nom d'UT (Union Theater) en référence à une célèbre salle homonyme située à Berlin sur l’Alexanderplatz ( à cette époque, l'Alsace était allemande...).

En 1960, cette salle change de nom et devient l’ABC pour pouvoir figurer en tête de liste de la page cinéma des DNA. En 1986, elle ferme, pour cause de rentabilité insuffisante.

La Ville de Strasbourg, sous l'impulsion de son maire Catherine Trautmann, va investir près de  deux millions d’euros pour sa restauration et avec l’engagement des Rencontres Cinématographiques d’Alsace, le cinéma rouvrira le 24 septembre 1992, sous le nom de l'Odyssée,  avec deux écrans, des salons, une bibliothèque du film et un café-bar. 

Depuis 1992, l’Odyssée présente une programmation riche et variée qui échappe aux seules lois du marché et constitue une fenêtre ouverte sur les cinémas du monde entier.

Le cinéma l'Odyssée appartient au club fermé des très rares théâtres cinématographiques créés avant 1914 et toujours en activité dans leur dispositif d’origine.
Sources: DNA et site du cinéma Odyssée

vendredi 10 janvier 2014

Tel père tel fils

Titre  Tel père, tel fils
Réalisateur  Hirokazu KORE-EDDA
Durée   2h01
Récompenses  Prix du Jury Cannes 2013

Synopsis
Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l'hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste… 

Avis
L’histoire de 2 familles dont la vie va être bouleversée lorsqu’elles apprennent que leurs enfants – 2 garçons – ont été échangés à la maternité à leur naissance, il y a 6 ans de cela.
Le cinéaste ne romance jamais rien. Il filme plutôt, par petites touches, tout en nuances, à la manière d’un documentariste neutre, les sentiments contradictoires et les réactions des parents et enfants, lorsque ceux-ci tentent de rétablir les relations du sang.  Bien que de milieux sociaux très différents, les mères sont très proches dans leur approche affective de la situation. Les pères ont une approche, bien que très opposée dans leur expression, plus neutre et rationnelle.
Un très beau film, qui semble finalement prendre parti, sur ce qui constitue vraiment le ciment de la relation parents–enfants, tout en laissant toutefois la question largement ouverte. 
A noter aussi la belle musique du film avec les variations Glodberg de Jean-Sébastien Bach .